L’analyse met ainsi en évidence une forte augmentation des signes de distraction cognitive et des comportements à risque, avec davantage d’excès de vitesse (+20 %), de freinages brutaux (+24 %) et d’erreurs de navigation (+84 %). Encore plus préoccupant, une conversation téléphonique multiplie par 3 le nombre d’accidents !
Face à ce constat, Assurance Prévention lance une campagne de sensibilisation, diffusée dès aujourd’hui à la télévision, en radio et sur Internet.
Les défauts d’attention sont responsables d’1 accident corporel sur 4
L’association Assurance Prévention mène depuis 2019 des études scientifiques sur la vigilance des Français au volant. Elle a souhaité cette année se pencher spécifiquement sur l’impact d’une conversation téléphonique.
L’usage du téléphone tenu en main et des oreillettes est interdit par le Code de la route. Seuls les dispositifs intégrés au véhicule sont autorisés, quand bien même la distraction liée à un appel lorsque l’on conduit est significative. La perte d’informations est de 2 à 3 fois plus importante qu’une conversation avec un passager.
Ce risque est avéré : les défauts d’attention, liés notamment à l’utilisation du téléphone, étaient responsables de 24 % des accidents corporels en France en 2024 et ont entraîné 419 décès (ONISR). Un risque d’autant plus élevé sur de longs trajets monotones, tels que le trajet vers son lieu de vacances.
Une étude scientifique au plus près des conditions réelles de conduite
L’étude scientifique conduite par Assurance Prévention repose sur une mise en situation réelle de conduite. Elle a été menée par l’institut Opinion Way sur des simulateurs de conduite Develter Innovation et a permis d’analyser près de 2 000 km et plus de 26 heures de conduite.
26 participants volontaires, conducteurs réguliers et utilisateurs de smartphone, ont ainsi effectué 2 parcours simulant un départ
en vacances avec un trajet combinant de la conduite en ville, sur des routes secondaires et sur autoroute : l’un avec conversation téléphonique et l’autre sans.
Un système de suivi du regard (eye-tracking) a permis d’analyser automatiquement le comportement des conducteurs et de comparer leurs performances avec et sans conversation téléphonique selon différents critères : accidents, infractions, vigilance au volant, suivi de l’itinéraire, etc.
Les résultats de l’étude
L’étude montre que les conducteurs regardent autant la route lorsqu’ils sont au téléphone que lorsqu’ils ne le sont pas. À première vue, la conversation téléphonique ne semble donc pas affecter leur conduite. Pourtant, d’autres indicateurs révèlent une baisse de vigilance.
Premier signe d’alerte : le nombre de clignements des yeux augmente fortement en conversation téléphonique (+57 %). Or, cette hausse est généralement associée à une diminution de la vigilance et de la concentration. Lorsque nous sommes concentrés sur une tâche, comme la lecture ou la conduite, le cerveau tend à réduire la fréquence des clignements pour maintenir l’information visuelle.
Cette baisse de vigilance se traduit par 3 constats inquiétants :
Un conducteur en conversation téléphonique est 2 fois plus flashé
Le nombre d’excès de vitesse est plus élevé auprès des conducteurs qui conduisent en ayant une conversation téléphonique : +20 %. Cette tendance se confirme par un nombre de flashs lors des contrôles radar en hausse de 107 % lorsque le conducteur est en conversation téléphonique.
Une conversation téléphonique augmente de 84 % les erreurs de navigation
Le nombre d’erreurs de suivi GPS est plus important lors du parcours en conversation téléphonique. Si ces erreurs ne constituent pas en elles-mêmes des comportements à risque, elles peuvent néanmoins entraîner des conséquences importantes en poussant les conducteurs à adopter des comportements dangereux. Elles démontrent aussi l’inattention du conducteur en conversation.
Une conversation téléphonique multiplie par 3 le nombre d’accidents
Le nombre de freinages brutaux augmente de 24 % lors du parcours avec conversation téléphonique, avec comme conséquence directe un nombre d’accidents nettement plus important.
Conclusion : la charge cognitive de la conversation téléphonique détourne l’attention du conducteur.
Conduire en ayant une conversation téléphonique a un impact sur le niveau de vigilance au volant et sur la sécurité du conducteur et de ses passagers, comme des autres usagers de la route. Le regard se pose sur la route ou les rétroviseurs, mais l’attention est mobilisée par la conversation. Les informations perçues sont moins bien analysées, ce qui augmente le risque d’erreur et de réaction inadaptée.
Éric Lemaire, vice-président d’Assurance Prévention, alerte les Français qui prennent la route des vacances : « Pour la première fois en France, Assurance Prévention a mesuré scientifiquement l’impact d’une conversation téléphonique via un dispositif intégré sur la vigilance au volant. Les résultats montrent que les conducteurs continuent de regarder la route, mais que leur attention est détournée par la charge cognitive de la conversation. Le regard est bien présent, mais l’information est moins bien analysée et les décisions sont moins adaptées. Les conséquences sont préoccupantes : les excès de vitesse augmentent de 20 %, les erreurs de navigation de 84 %, les flashs radar doublent et, surtout, le nombre d’accidents est multiplié par 3. Face à ce constat, le meilleur réflexe reste de couper les appels et notifications de son smartphone avant de prendre la route et de profiter des pauses pour passer ses appels, consulter ses messages en toute sécurité. »
Une campagne de sensibilisation pour prévenir les risques
Pour sensibiliser les Français sur la route des vacances, l’association Assurance Prévention lance une grande campagne de prévention intitulée « Et si nous transmettions la bonne attitude ? ». Elle se compose de spots de prévention sur l’usage du téléphone au volant (appels et notifications), la somnolence ou la vitesse. Elle est diffusée tout l’été en télévision, en radio et sur Internet.
Kit presse
Dossier de presse, rapport de l’étude, infographies et vidéos HD.
Éléments libres de droits avec citation « Source : Assurance Prévention ».
1 Étude scientifique Assurance Prévention menée en mai 2026 par OpinionWay sur des simulateurs Develter Innovation auprès de 26 sujets volontaires conducteurs réguliers et utilisateurs de smartphone.