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Quelle est la différence entre mort subite du nourrisson et mort inattendue du nourrisson ?

La mort inattendue du nourrisson (MIN) est un terme générique qui désigne le décès soudain et imprévu d’un enfant de moins d’un an, survenant le plus souvent pendant le sommeil. Il s’agit d’un constat initial, posé avant toute investigation médicale. La mort subite du nourrisson (MSN) correspond, quant à elle, à une sous-catégorie de la MIN : ce terme est utilisé uniquement lorsque le décès reste inexpliqué après une enquête approfondie comprenant un examen clinique, une autopsie et l’analyse des circonstances du décès. Autrement dit, toutes les morts subites du nourrisson sont des morts inattendues, mais toutes les morts inattendues ne sont pas nécessairement des morts subites.

Quelles sont les causes de la mort subite du nourrisson ?

Les causes de la mort subite d’un nourrisson restent dans la plupart des cas méconnues, mais des facteurs de risque ont été identifiés.

Jusqu’à quel âge la mort subite du nourrisson peut-elle survenir ?

La mort subite du nourrisson concerne quasi exclusivement les enfants de moins d’un an, avec un risque maximal durant les premiers mois de vie, en particulier avant l’âge de 6 mois. Au-delà de cet âge, et plus encore après le premier anniversaire, ce risque devient exceptionnel. Le développement progressif des fonctions de régulation du sommeil et de la respiration, ainsi que l’acquisition de nouvelles capacités motrices, expliquent cette diminution marquée. Le respect des recommandations de prévention tout au long de la première année permet d’aborder cette période avec davantage de sérénité.

Certains bébés sont-ils plus à risque de mort subite ?

Certains bébés semblent présenter plus de risques de mort subite que d’autres, notamment parce que l’activité de leur nerf vague – celui qui a en charge de ralentir les battements du cœur – est excessive. Une hypothèse qui reste néanmoins à vérifier.

Infections, maladies, prématurité et petit poids de naissance semblent des facteurs de risque de mort subite du nourrisson. Il en existe un autre, sur lequel les parents peuvent agir : les erreurs portant sur le couchage de Bébé.

Une meilleure information des parents aurait dû faire chuter le nombre de morts subites du nourrisson, actuellement environ 250 à 350 par an en France. Pourtant, la France est l’un des pays européens où ces décès sont les plus fréquents. Malgré une diminution de plus de 75 % du nombre de décès suite aux campagnes nationales « Je dors sur le dos » et aux conseils de prévention autour du couchage dans les années 1990, le nombre de décès stagne depuis les années 2000. On estime actuellement qu’environ 50 % des cas de mort inattendue du nourrisson seraient évitables en respectant les mesures de prévention recommandées notamment en termes d’environnement et de couchage.

Qu’est-ce qui provoque la mort subite d’un nourrisson ?

Tout ce qui peut favoriser la gêne respiratoire du tout-petit pendant son sommeil est pointé du doigt :

  • dormir sur le ventre au risque de ne plus pouvoir relever la tête du matelas, a fortiori s’il est mou,
  • dormir avec une couette ou un doudou contre lequel il y a également un risque de s’étouffer.

De plus, l’exposition à la fumée de tabac semble augmenter le risque de mort subite.

Prévenir la mort subite du nourrisson : les conseils pratiques

Quelques mesures simples peuvent réduire le risque de mort subite du nourrisson.

Protéger bébé de la fumée du tabac

Un environnement fumeur est un facteur de risque de mort subite. C’est aussi un facteur de risque d’infections respiratoires, d’otites chroniques et de régurgitations (en diminuant le tonus du sphincter inférieur de l’œsophage). Autant de bonnes raisons pour ne pas fumer en présence des bébés et des enfants. Ni dehors, ni dans la maison. Ça vaut pour les parents, mais aussi pour la nounou ou la mamie qui s’occupe du tout-petit !

Coucher bébé sur le dos

Coucher bébé sur le dos, à plat, sur un matelas ferme et sans rien qui puisse le gêner durant son sommeil, c’est la règle d’or, y compris pour les courtes siestes. Depuis que les pédiatres et les généralistes demandent aux parents de ne plus faire dormir Bébé sur le ventre, la mort subite du nourrisson a reculé de 76 % en l’espace de 20 ans. C’est donc très efficace !

Si le tout-petit doit toujours dormir dans son propre lit, Santé Publique France préconise néanmoins de placer son lit dans la chambre des parents pendant les six premiers mois (mais sans partage du lit parental), afin de mieux le surveiller.

Lorsque votre enfant est assez grand pour se retourner seul, ne le forcez pas à rester sur le dos.

Protéger bébé de l’étouffement dans son lit

Que ce soit pour dormir la nuit ou pour une simple sieste, Bébé doit être couché sans oreiller, sans couette, ni drap ou couverture – mais avec une gigoteuse ou une turbulette à sa taille pour le couvrir – seul dans son lit à barreaux et dans une pièce non surchauffée (19°C). C’est seulement après l’âge de trois ans qu’il est possible d’utiliser un drap ou une couette.

Pour prévenir tout risque d’enfouissement du bébé et ne pas gêner sa respiration, ne laissez aucun objet mou dans le lit. Attention aux tours de lit (réducteurs de lit) : trop épais, ils représentent un danger si Bébé y enfouit sa tête en dormant. Si vous en utilisez un, il doit être fin, ferme, bien attaché au lit et non rembourré. De même, le cale-bébé, la serviette roulée, les coussin, les cale-têtes sont à bannir : initialement prévu pour obliger l’enfant à rester couché sur le dos, il devient vite un piège si ce dernier se retourne. Enfin, les peluches volumineuses qui peuvent recouvrir le visage de l’enfant sont à proscrire.

Tout accessoire non indispensable dans l’espace de sommeil (positionneurs, plans inclinés, coussins, matelas “spéciaux”, nids, etc.) n’apporte pas de bénéfice démontré et peut augmenter le risque.

Ne laissez pas vos animaux domestiques pénétrer dans la chambre de Bébé. Il pourrait venir se coucher contre le visage du nourrisson.

Évitez les colliers ou sucettes avec cordelette qui pourraient gêner sa respiration. Des études rapportent un effet protecteur de la tétine lorsqu’elle est positionnée au moment de l’endormissement (et non fixée à l’enfant).

Ne pas allonger bébé immédiatement après son biberon ou sa tétée

Avec ou sans rot, mieux vaut attendre 15 minutes avant d’allonger un tout-petit qui vient de boire son lait, pour éviter qu’il ne régurgite et s’étouffe, alors qu’il est déjà en position allongée.

L’allaitement maternel les 6 premiers mois réduit le risque de mort subite, l’effet protecteur étant augmenté en cas d’allaitement maternel exclusif et de durée prolongée de cet allaitement.

Bébé régurgite, que faire ?

Si mon bébé régurgite, dois-je consulter ?

  • Oui, si le petit « régurgiteur » dort très mal, n’est pas souriant, a mauvais appétit ou présente une courbe de poids anormale car tous ces éléments sont en faveur d’un reflux gastro-œsophagien à traiter.
  • Non, s’il régurgite juste un peu de lait après sa tétée, sans que cela affecte ni son sommeil, ni son appétit, ni sa croissance : il est normal de régurgiter un peu de lait et c’est même la raison pour laquelle, autrefois, on offrait de jolis bavoirs !

Ne plus m’endormir avec bébé dans mon lit

Avec ses oreillers, ses couettes ou ses couvertures, le lit d’un adulte n’est vraiment pas adapté à bébé, sans compter qu’à votre contact, il risque d’avoir trop chaud. Que ce soit pour une courte sieste ou une longue nuit, c’est donc chacun dans son lit !

A noter que la température idéale dans la chambre est entre 18 ou 19°C, pas plus, dans les mois où du chauffage est nécessaire.

Situations du quotidien : ce qui mérite une vigilance particulière

Certaines situations courantes peuvent présenter un risque accru lorsqu’elles se prolongent. Les sièges-auto, cosy, transats ou balancelles ne sont pas conçus comme des espaces de sommeil habituels : si un nourrisson s’y endort en dehors d’un trajet, il est recommandé de le transférer dès que possible dans un lit adapté. De même, l’endormissement sur un canapé, un fauteuil ou un coussin est à éviter, car ces surfaces ne garantissent ni une position stable ni une respiration optimale. Pour le sommeil, la règle reste simple : un lit dédié, à plat, sur le dos et sans objet.

Moniteurs, capteurs et objets connectés : que dit la science ?

Les dispositifs de surveillance du sommeil ou de la respiration peuvent rassurer certains parents, mais les données scientifiques disponibles montrent qu’ils ne permettent pas de prévenir la mort subite du nourrisson. Les autorités de santé ne recommandent donc pas leur utilisation à visée préventive. Ils ne remplacent en aucun cas les mesures de couchage sécurisé, qui restent aujourd’hui les seuls moyens ayant démontré une efficacité réelle.

Que faire en cas d’urgence ?

Si un nourrisson est retrouvé inconscient ou ne respirant pas, il est essentiel d’appeler immédiatement les secours (15 ou 112) afin qu’une prise en charge médicale soit engagée sans délai. Si les parents ou l’entourage ont été formés aux gestes de premiers secours, ceux-ci peuvent être réalisés dans l’attente des secours. Les autorités sanitaires rappellent que les familles bénéficient ensuite d’un accompagnement médical, administratif et psychologique, proposé de manière progressive et respectueuse.

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