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03/02/2019

Prévenir le cancer du col de l’utérus

Le cancer du col de l’utérus est un cancer dû à une famille de virus, les papillomavirus contre lesquels nous disposons d’un vaccin. Ce vaccin anti-papillomavirus s’adresse aux jeunes filles avant leurs premiers rapports sexuels.

Le cancer du col de l’utérus est dû à des virus

Chaque année en France, entre 2500 et 3000 nouveaux cas de cancer du col de l'utérus et 1 100 décès sont enregistrés, ce qui en fait la 11e cause de cancer chez la femme.

La plupart des cancers du col utérin sont liés à une infection par un virus appartenant à la famille des papillomavirus (HPV). Ces virus sexuellement transmissibles sont très répandus. Dès le début de la vie sexuelle, ils provoquent des infections génitales qui passent généralement inaperçues et qui guérissent spontanément.

Plus rarement, certaines de ces infections peuvent entraîner des lésions qui deviennent parfois précancéreuses et qui sont ensuite susceptibles d’évoluer vers un cancer du col de l’utérus.

Le dépistage du cancer du col de l’utérus

Le dépistage du cancer du col de l’utérus repose sur la réalisation régulière d’un frottis cervical. Cet examen simple et indolore consiste à analyser au microscope des cellules prélevées à l’aide d’un coton-tige au niveau du col utérin. On peut ainsi détecter des cellules anormales qui justifient un examen plus poussé à l’aide d’un appareil spécifique, le colposcope.

Les autorités de santé recommandent un frottis cervical tous les trois ans chez les femmes de 25 à 65 ans, après deux frottis consécutifs normaux à un an d’intervalle. En mai 2018, la ministre chargée de la Santé a annoncé la mise en place d’un programme national de dépistage organisé du cancer du col de l’utérus. Il s’agit du troisième programme national de dépistage organisé du cancer, après celui du cancer du sein depuis 2004 et celui du cancer colorectal depuis 2009. Ce programme s’adresse à toutes les femmes asymptomatiques âgées de 25 à 65 ans inclus. Les femmes concernées qui n’ont pas réalisé de frottis cervico-utérin dans les 3 dernières années vont être invitées, par courrier, à se rendre chez un médecin généraliste, un gynécologue ou une sage-femme pour effectuer cet examen. Ce frottis sera pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie, sans avance de frais, sur présentation du courrier d’invitation.

Grâce aux frottis, la mortalité par cancer du col de l'utérus a considérablement diminuée en France. Néanmoins, ce test manque de sensibilité et 30 % des femmes qui présentent des lésions précancéreuses ne sont pas identifiées par le frottis.

De nouveaux tests de dépistage plus sensibles
De nouveaux tests de dépistage recherchant directement la présence du virus sont disponibles. Ils permettent d'identifier les femmes infectées par les HPV avant l'apparition de lésions cellulaires (10 % des Françaises). Ces personnes à risque augmenté peuvent alors être suivies de manière approfondie avec des examens plus sensibles que le frottis.
Selon l'Institut national du cancer (INca), le cancer du col de l'utérus peut être évité dans 90% des ccas grâce au frottis de dépistage.

La vaccination contre les papillomavirus

Depuis 2007, un vaccin contre les papillomavirus est préconisé par les autorités de santé et figure dans le calendrier vaccinal. Celui-ci protège contre les papillomavirus les plus cancérigènes, notamment les virus 16 et 18, qui sont responsables de près de 70 % des cancers du col de l’utérus.

À ce jour, il existe deux marques de vaccin : le Cervarix dirigé contre les virus 16 et 18 (vaccin dit « bivalent ») et le Gardasil contre les virus 16, 18, 6 et 11 (vaccin dit "quadrivalent").

Cette vaccination peut être effectuée indifféremment avec l’un ou l’autre des deux vaccins existants. Cependant, ces deux vaccins ne sont pas interchangeables et toute vaccination initiée avec l’un d’eux doit être menée à son terme avec le même vaccin. La vaccination contre les HPV est prise en charge par l’Assurance maladie à hauteur de 65 % du coût, le reste étant pris en charge par les assurances complémentaires de santé ("mutuelles").

Fin 2017, un nouveau vaccin, Gardasil 9, sera disponible. Il protège contre neuf types de papillomavirus (6, 11, 16, 18, 31, 33, 45, 52 et 58) qui sont responsables de 90 % des cancers du col de l’utérus, mais aussi de 70 % des cancers du vagin, 40 % des cancers de la vulve, 85 % des cancers de l’anus et 60 % des cancers du pénis.

Le calendrier vaccinal contre les papillomavirus

La vaccination contre les papillomavirus est recommandée à toutes les jeunes filles de 11 à 14 ans, si possible avant une éventuelle exposition au virus HPV afin que le vaccin soit plus efficace. L'une des doses peut être injectée en même temps que le rappel diphtérie-tétanos-polio-coqueluche prévu entre 11 et 13 ans.

Par ailleurs, dans le cadre du rattrapage vaccinal, la vaccination est recommandée pour les jeunes femmes entre 15 et 19 ans révolus.

De plus, la vaccination contre les papillomavirus est proposée aux hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) jusqu’à l’âge de 26 ans, dans le cadre de la prévention des cancers de l’anus et du pénis. Elle est également systématiquement proposée aux personnes immunodéprimées, que ce soit du fait d’une maladie ou d’un traitement médicamenteux.

Dès la mise à disposition du vaccin Gardasil 9, ce dernier deviendra le vaccin de choix pour les personnes qui n’ont pas encore été vaccinées, selon les recommandations du Haut conseil de la santé publique (HCSP). Les personnes déjà vaccinées contre le HPV n’auront pas à être revaccinées avec Gardasil 9.

Des frottis toujours nécessaires !
Attention, la vaccination ne protégeant pas contre toutes les souches de virus responsables de cancers du col de l’utérus, le vaccin ne remplace pas le frottis. À partir de 25 ans, toute femme, vaccinée ou non, doit continuer à faire un frottis tous les trois ans !

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