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09/07/2020

Résultats de l'étude "Bien manger pour mieux conduire" - Volet 2

En cette période de départs en vacances, Assurance Prévention, association de la Fédération Française de l’Assurance, révèle les résultats du second volet de son étude sur l’influence de l’alimentation sur la vigilance du conducteur.

Cette année encore, l'étude clinique* a été menée sur simulateur homologué de conduite sous le contrôle du docteur Frédéric Saldmann, cardiologue et nutritionniste, et du professeur Fabrice Bonnet, médecin endocrinologue. Elle a permis d’identifier les aliments qui favorisent la vigilance sur la route.

 

La somnolence au volant

Le constat

  • La somnolence au volant est la première cause de mortalité sur autoroute, impliquée dans 1/3 des accidents mortels.1
  • La somnolence entraîne des périodes de micro-sommeil de 1 à 4 secondes : 4 secondes, c’est 150 mètres parcourus si on roule à 130km/h.2
  • Les heures à risques se situent entre 13h et 15h le jour et entre 2h et 5h la nuit.

Des dangers sous-estimés

Une étude Assurance Prévention menée par OpinionWay en 2018 révélait que :

  • 52 % des parents ont déjà conduit en étant fatigué.
  • Près de 3 conducteurs sur 10 sous-estiment les effets de la fatigue sur leur conduite.
  • Parmi les raisons invoquées :
    • 55 % ont l’impression de gérer la fatigue.
    • 18 % pensent que s’arrêter ne changera rien.

Des causes multifactorielles

La somnolence peut aussi être due à plusieurs facteurs. La déprivation de sommeil, la consommation de certains médicaments, l’environnement du véhicule et le statut nutritionnel du conducteur en font partie.

L’étude "Influence de l’alimentation sur la vigilance du conducteur" - Volet 2 en détail

En 2019, l’association Assurance Prévention a mené, avec le docteur Frédéric Saldmann, une étude pour mesurer l’influence de l’alimentation sur la vigilance et la somnolence au volant. Le premier volet de l’étude a démontré que les repas trop copieux diminuent la vigilance. L’objectif de ce second volet était de trouver un repas optimisé qui favorise la vigilance au volant. Les personnes ont été testées en situation réelle de conduite à l’aide d’un simulateur homologué.

Retrouvez les résultats complets du premier volet de l'étude "Bien manger pour mieux conduire"

Le matériel utilisé

  • Le simulateur de conduite (Develter®, Car Evolution) comprend un poste de conduite associé à un logiciel de simulation et d’un écran. Ce dispositif permet de reconstituer les spécificités d’un parcours sur autoroute, selon 4 conditions de conduite (nuit, jour, par temps sec ou pluvieux).
  • Un boîtier (Toucango® d’Innov+) muni d’un capteur optique infra-rouge dédié, orienté en direction du visage du conducteur, et qui intègre les algorithmes d’analyse faciale des états de vigilance du conducteur durant le trajet. Il permet de mesurer la distraction et les signes de somnolence au volant.

La méthode mise en place

Les sujets ont effectué un test du temps de freinage dans 4 conditions différentes :

  • à jeun sans conduite préalable,
  • à jeun après avoir effectué 40 minutes de conduite sur autoroute,
  • après un repas optimisé sans conduite préalable,
  • après un repas optimisé et 40 minutes de conduite sur autoroute.

Pour chaque condition, 6 essais de freinage ont été réalisés, ce qui a permis d’obtenir un temps de freinage moyen par condition et par sujet.

Le temps de freinage dans chaque catégorie a été évalué sur 70 sujets au total, âgés de 23 ans à 67 ans.

Les repas

L’étude clinique a testé 2 types de repas :

  • Groupe 1 : "jeûne séquentiel" (les participants pouvaient boire de l’eau)
  • Groupe 2 : repas "optimisé" de 501 Kcal

La composition du repas "optimisé" est fondamentale pour cette étude. Le volet 1 de l’étude avait montré que même un repas normo-calorique (499kcal) pouvait diminuer l’état de vigilance au volant. Afin d’optimiser la vigilance, il a été nécessaire de proposer un menu spécifique.

Le repas idéal pour favoriser la vigilance au volant

L’étude a mis en avant que le repas permettant de favoriser la concentration au volant doit comprendre :

  • un index glycémique le plus bas possible pour éviter l’alternance coups de forme, coups de fatigue,
  • des aliments qui ne nécessitent pas un gros effort digestif,
  • des goûts qui peuvent éveiller : l’amertume et l’acidité.

menu-vigilance.jpg

Les résultats

Etat de vigilance et temps de freinage :

  • Le repas optimisé permet de conserver un état de vigilance identique à celui du groupe en jeûne séquentiel, avec même une amélioration du temps de freinage après le repas.
  • L’étude antérieure a confirmé qu’un repas normo-calorique favorise l’endormissement et augmente le temps de réaction. Les apports caloriques étant les mêmes entre le groupe "normo-calorique" (499 Kcal) et le groupe "repas optimisé" (501 Kcal), l’effet observé sur l’endormissement et le temps de réaction ne provient pas de la quantité en calories du repas mais de sa qualité.
  • Afin d’optimiser la vigilance, il est important de maîtriser les apports caloriques, d’avoir une faible consommation de sel, une bonne hydratation ; il est possible que l’amertume et l’acidité soient des vecteurs de la vigilance, mais des études supplémentaires seraient nécessaires pour étudier ces facteurs de façon isolée.

État d’éveil en phase post-prandiale :

  •  Un autre effet notable de cette étude est l’inversion de la courbe de somnolence à t=20 minutes après reprise de la conduite sur autoroute, soit 30 minutes après le repas.
  • Traditionnellement, la diminution de la vigilance dans la période post-prandiale se situe dans les 20 à 40 minutes après le repas. Dans les conditions de l’expérimentation, la courbe de somnolence s’inverse 30 minutes après le repas pour le groupe avec repas optimisé. Dans les études précédentes, il s’agissait du moment où le sujet augmentait progressivement sa somnolence quel que soit le groupe (à jeun, normo-calorique ou hyper-calorique).
  • L’étude montre donc qu’un repas optimisé peut permettre de conserver un état d’éveil, même dans la phase post-prandiale critique, ce qui n'avait pas été rapporté jusqu'à présent et qui ouvre des perspectives pour identifier les aliments et les composants en cause dans cet effet bénéfique.

Les conseils

Voici quelques conseils à mettre en pratique avant de prendre la route des vacances et pendant le trajet.

  • Se nourrir correctement et s’hydrater.
  • Partir reposé : éviter les nuits trop courtes ou les horaires décalés.
  • Éviter les heures où le risque de somnolence augmente (entre 13h et 16h et entre 2h et 5h).
  • Se relayer entre conducteurs pour alterner les périodes de repos et de conduite.
  • Faire des pauses de 15-20 minutes toutes les 2 heures.
  • Pas d’alcool avant et pendant le trajet.
  • En cas de prise de médicaments, vérifier leur compatibilité avec la conduite.

L’importance d’une bonne hydratation pendant un trajet

L’eau est indispensable à l'ensemble des processus vitaux de l’organisme, et ne doit pas être négligée. Il est plus que nécessaire de s’hydrater régulièrement. Lorsque la sensation de soif se fait ressentir, il est déjà trop tard : fatigue, faiblesse musculaire, manque de concentration… sont déjà installés. L’organisme a alors plus de difficultés à effectuer des tâches, le cerveau étant sensible aux pertes hydriques.

En voiture, qu’il fasse chaud ou froid, notamment avec l’usage de la climatisation, il est essentiel de boire régulièrement de l’eau, en gardant une bouteille à portée de main. Une bonne hydratation est garante d’une meilleure vigilance sur la route.

Consulter le dossier de presse

Une nouvelle campagne de prévention

L’association Assurance Prévention lance une grande campagne de sensibilisation "Et si nous transmettions la bonne attitude ?". Du 9 juillet au 9 septembre, l’association diffuse à la radio et sur Internet, des spots pour alerter sur les risques routiers : somnolence, téléphone au volant, vitesse excessive ou inadaptée…

En savoir plus sur notre campagne "Sur la route, et si nous transmettions la bonne attitude ?"

 

 

 

* Le second volet de l’étude "Influence de l’alimentation sur la vigilance du conducteur" de l’association Assurance Prévention, mené en 2020 sous le contrôle du docteur Frédéric Saldmann et du professeur Fabrice Bonnet, a évalué les risques d’hypovigilance en phase post-prandiale, après un jeûne séquentiel et un repas optimisé de 501 Kcal. Les tests ont été effectués en situation réelle de conduite sur autoroute à l’aide d’un simulateur homologué, auprès de 70 sujets âgés de 23 à 67 ans.
1. Sécurité routière
2. IFSTTAR (Institut Français des Sciences et Technologie des Transports, de l'Aménagement et des Réseaux)

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