Repas de fin d’année, allier plaisir et équilibre alimentaire
28 novembre 2025
4 novembre 2025
Lorsqu’on mesure la fréquence de l’obésité en France, les disparités sociales sont particulièrement nettes : dès la grande section de maternelle, les enfants d’ouvriers sont 4 fois plus touchés par l’obésité que les enfants de cadres. Cette différence sociale tend à s’accroître au fil des années, essentiellement du fait que l’on constate une amélioration dans les classes plus favorisées et non dans les groupes moins favorisés. L’obésité dans l’enfance prédit l’obésité à l’âge adulte : la probabilité qu’un enfant obèse avant la puberté le reste à l’âge adulte varie, selon les études, de 20 % à 50 %. Elle entraîne également un risque accru de décès prématuré à l’âge adulte.
L’obésité est une maladie à part entière qui se définit, chez l’adulte, par un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 30. L’IMC se calcule en divisant deux fois le poids (en kg) par la taille (en m). Par exemple, 55 / (1,65 x 1,65) = 20,2.
Chez l’enfant et l’adolescent, la comparaison se fait avec les courbes d’IMC de référence, selon l’âge et le sexe (courbes qui se trouvent dans le carnet de santé).
Un exemple de repère
À 14 ans, l’IMC est considéré comme normal jusqu’à 22. Il traduit un surpoids entre 22 et 24,5 chez la fille (entre 22 et 23,5 chez le garçon) et une obésité au-delà de 24,5.
Attention ! Un enfant ou un adolescent obèse ne devient pas forcément un adulte obèse, mais le risque est réel : si un enfant de 7 ans de poids normal a un risque de 10 % d’être obèse plus tard, un enfant en surpoids à cet âge a un risque d’obésité à l’âge adulte de 40 %.
Or l’obésité fait le lit de l’hypertension artérielle, des accidents cardiovasculaires, du diabète de type 2, des cancers et des problèmes articulaires.
La bonne nouvelle : ces complications peuvent être évitées avec un retour à un poids normal.
Attention ! Plus on prend du poids et moins on se sent à l’aise pour bouger, donc moins on s’active… et plus on prend de poids !
La bonne nouvelle : il existe des activités physiques compatibles avec son surpoids et valorisantes, comme par exemple, arbitrer un match sur le terrain ou choisir un sport de glisse. En effet, dans l’eau, à cheval ou sur des patins, le surpoids est moins gênant.
L’erreur classique : ne pas manger assez lors des repas, voilà qui pousse à grignoter n’importe quoi plus tard, sous l’emprise de la faim.
La nouvelle règle : il faut apprendre à votre enfant à manger correctement et suffisamment à table, avec beaucoup plus de légumes et de fruits (les enfants sont ceux qui en consomment le moins). Et prendre son temps pour manger, car le cerveau met du temps à enregistrer l’apport de nourriture : quand on avale à toute vitesse, il déclenche le signal de satiété une fois le repas fini, même si on a trop mangé.
L’erreur classique : trop de TV et de jeux vidéo, pas assez de sport de plein air, il n’en faut pas plus pour prendre des kilos superflus.
La nouvelle règle : bouger davantage, cela veut dire, marcher ou pédaler au lieu de se faire conduire partout en voiture. Monter les escaliers plutôt qu’avoir le réflexe « ascenseur ». Et se trouver des activités physiques ludiques en plus des heures de sport obligatoires à l’école.
L’erreur classique : laisser son enfant se servir en boissons sucrées et biscuits dans les placards ou le réfrigérateur, sans contrôle.
La nouvelle règle : les friandises (en boissons ou en aliments) ne sont pas interdites, mais réservées aux occasions spéciales : anniversaires, fêtes, etc. En libre service… uniquement des fruits de saison.
Prévention de l’obésité : l’exemple à suivre !
Dans les villes de Fleurbaix et Laventie, où les enfants ont bénéficié d’une éducation nutritionnelle à l’école, le taux d’obésité reste en dessous des moyennes nationales. Éducation qui a bénéficié à l’ensemble de la famille !
Chez l’enfant, lorsqu’un écart est observé avec l’IMC du carnet de santé, mieux vaut consulter son pédiatre ou son généraliste sans attendre : en effet, la puberté ne règle pas d’office le problème de l’obésité, comme on l’entend parfois.
Hormis quelques dérèglements hormonaux peu fréquents chez l’enfant, la prise de poids est presque toujours liée à des erreurs diététiques. Pour aider le médecin à les repérer toutes, l’agenda nutritionnel est très pratique. Il consiste à noter pendant 1 ou 2 semaines, tout, absolument tout ce que boit ou mange votre enfant (heure, jour, proportions) et à quelle occasion : par faim ? parce que c’est l’heure du repas ? par stress ? par ennui ?
En AUCUN cas il ne faut faire suivre un régime alimentaire à un enfant. Le contrôle de son poids passe uniquement par une éducation nutritionnelle, une alimentation équilibrée et diversifiée, davantage d’activité physique et, éventuellement une prise en charge psychologique.
Sources
Prévention du surpoids et de l’obésité de l’enfant, Assurance Maladie, 2025
Surpoids et obésité chez l’enfant et l’adulte : quel parcours de soins ? Haute Autorité de santé, 2024